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Fanjava, plateforme de crowdfunding à la conquête du monde !

Charles-Henri et Miandra Ravony, les deux frères cofondateurs de Fanjava
Photo : Fanjava / blogdemadagascar.com

En matière de crowdfunding, on pensera tout de suite à Kickstarter, Ulule ou encore KissKissBankBank, parmi les plus connus. Des plateformes où des millions de donateurs contribuent à la réalisation de projets en tout genre. Et si Fanjava, une startup Malagasy rejoignait aussi le rang de ces grands noms du crowdfunding ?

 

Crowdfunding, kezako ?

Le crowdfunding, ou financement participatif, ou encore sociofinancement, est un concept encore tout jeune. Lancé en parallèle de l’explosion de l’usage d’internet, il permet à des contributeurs de financer des projets portés par des entrepreneurs ou des personnes ayant tout simplement des idées. Des idées, parce que celles-ci ne sont pas forcément géniales. On se souviendra ainsi d’une idée de salade de patates qui rapportera $55 500 à son créateur. Une somme que Zack Danger Brown reversera par la suite à la fondation Colombus.

Mais le crowfunding, ce n’est évidemment pas que cela. C’est aussi des valeurs importantes comme la solidarité, l’ouverture d’esprit ou encore l’entraide. Une véritable socialisation qui élargit les horizons et ouvre la porte à des projets innovants, laissant croire à tout le monde qu’ensemble, tout est possible.

 

Fanjava, quand « Ady Gasy », le film de Lova Nantenaina, inspire…

Première plateforme de crowdfunding 100% malgache, Fanjava a été créée en 2016. Avec pour ambition de travailler pour et par l’innovation malgache, l’idée est à mettre sur le dos de Charles-Henri et Miandra Ravony, deux frères installés en France qui s’inspireront du film « Ady Gasy », de Lova Nantenaina.

Intriguant ? Peut-être pas tant que ça. « Ady Gasy » raconte le quotidien de quelques malgaches qui, grâce à la débrouille et à leur esprit créatif, vivent et créent de quoi survivre au jour le jour. Un postulat de départ pour les deux frères, pour qui le film de Lova Nantenaina « dessine les sillons de pistes positives, durables, enthousiastes et inspirantes pour notre génération et celles à venir ».

 

La première plateforme financière participative 100% dédiée à l’innovation malgache

A côté de géants comme Ulule ou KissKissBankBank, où l’on peut d’ailleurs déjà trouver des projets pour Madagascar, Fanjava va devoir se tailler sa place. En effet, cette plateforme, qui fait encore figure de petit nouveau, voire même riquiqui, reste tout de même une initiative originale, celle de financer des projets malgaches par des Malgaches d’ici et d’ailleurs. Car c’est là que réside toute la force de Fanjava. Transformer une partie des quelque 0,4 milliards de dollars de flux monétaire qui arrivent chaque année à Madagascar en fonds destinés à des projets innovants. Avec près de 100 000 malgaches expatriés, l’argent, il y en a et il pourrait encore mieux servir les intérêts de l’un des pays les plus pauvres de la planète.

Le développement par soi-même donc et aller même au-delà avec l’ambition d’amorcer l’autonomisation financière et l’autodétermination technologique des projets lancés à Madagascar. Fanjava, un projet en quête d’indépendance mais qui ne se veut pas établissement de crédit ou d’aide réservée. Car au final, des idées, les Malgaches en ont à revendre, c’est toujours au niveau des fonds que cela bloque.

Crowdfunding

 

Miser sur le potentiel technologique des Malgaches

Madagascar, pays de la débrouille et du système D, peut se targuer d’avoir le potentiel requis pour se développer technologiquement parlant. Développeurs, ingénieurs, mécaniciens ou petites mains. il est de notoriété publique que l’on sait s’adapter et créer. Les fondateurs de Fanjava le reconnaissent : « Nous avons les mains et les cerveaux parmi les plus agiles du monde ». Alors pourquoi se contenter de créer pour les autres quand on peut créer pour soi ?

Dans ce sens, chaque projet qui sera présenté sur Fanjava devra remplir des critères essentiels à la réussite du financement. L’originalité, la viabilité du projet et enfin le potentiel de création d’emplois. Trois éléments qui feront la différence et qui toucheront aussi bien le féru de technologie que le simple paysan dont les idées se bousculent dans la tête.

Accessible en ligne depuis mai 2016, Fanjava est pour le moment encore en phase de test. Monté après moult études de marché, le lancement officiel devrait être fait en septembre prochain. Une date à retenir, car ce sera bien une première pour Madagascar. Jusqu’à présent, ce sont seulement par les dons familiaux que transitent les devises extérieures de la diaspora. Fanjava fera ainsi office de catalyseur pour des projets de grande ou petite envergure.

 

Des offres adaptées

Pour les utilisateurs, Fanjava se déclinera en plusieurs offres qui s’adaptent en fonction du profil souhaité. Fanjava Entrepreneurs se tourne vers les porteurs d’idées qui devront faire preuve d’originalité et d’innovation pour financer leurs projets. Côté associations, Fanjava Soa leur permettra de se mettre en lien direct avec les donateurs pour leurs projets. Fanjava Invest réunira les contributeurs malgaches ou non venus des quatre coins du monde. Et enfin, Fanjava Network, un véritable réseau de professionnels, cadres et experts malgaches qui assisteront chaque porteur de projet de manière bénévole à travers Fanjava. Bref, une plateforme qui pense à tout et qui sera régie par le droit français puisque installée en France. Une législation plus élaborée et plus stricte qu’à Madagascar, surtout concernant les transactions financières.

 

Briser les chaînes de la mendicité institutionnelle

A Madagascar, quand on a une idée et un besoin de financement, ce sont souvent les bailleurs internationaux qui prêtent main forte. L’objectif de Fanjava est de sortir de ce carcan et de « faire prendre conscience aux jeunes Malagasy que la mendicité institutionnalisée est un virus qu’il faut éradiquer dans les esprits et par les actes ». Une idée que l’on aimerait bien voir se concrétiser et qu’enfin la légendaire solidarité malgache puisse apporter des bénéfices palpables au pays.

Outre ce besoin en financement, les deux fondateurs espèrent aussi que leur projet pourra initier des changements au niveau législatif du pays. Ils voient ainsi leur « bébé » comme l’impulsion d’une meilleure législation informatique et monétaire, l’instauration d’une réforme des droits des sociétés et la création de nouveaux statuts d’entrepreneurs et bien d’autres idées liées à internet et à l’entrepreneuriat, où Madagascar semble rester en retrait !

Auteur : Gaetan R.

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