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Portrait d’un directeur technique spécialisé en modélisation 3D

directeur technique
Photo : Blue World Technology

Pascal est directeur technique de l’entreprise Blue World Technology. Ce passionné de modélisation 3D revient sur son parcours et nous explique en quoi consiste son métier.

 

Pascal, tu es directeur technique chez Blue world Technology. Quelle est ta mission au sein de cette entreprise ?

Tout d’abord, ma mission consiste à superviser tout le travail et le bon déroulement des projets. Je suis un interlocuteur important, en ceci que je fais le pont entre les clients et l’équipe. Nous avons un cahier des charges à respecter et, toujours, un délai très serré. C’est aussi pour cela que les clients se tournent vers nous : ils savent qu’ils peuvent compter sur notre réactivité et sur la qualité de notre travail.

 

De quelle formation es-tu issu, quelles sont tes spécialités ?

J’ai une formation initiale dans l’ingénierie civile. Par la suite, je me suis orienté vers la mécanique. Lors de ma première embauche, j’ignorais totalement ce qui m’attendait, d’autant plus qu’à l’époque, ce domaine n’était pas très connu à l’île Maurice. La direction embauchait des jeunes dotés d’une formation en ingénierie.

Les formateurs se déplaçaient à Maurice, et nous fournissaient une formation. C’est à ce moment que j’ai découvert les rouages du métier. Après quelques mois, je me suis envolé pour Paris afin de suivre diverses formations. Je devais tout boucler en huit mois.

Par la suite, afin de monter en compétences, j’ai effectué des stages chez différents clients et j’étais mobilisé sur plusieurs gros projets. J’ai eu la chance de pouvoir suivre des formations en France, dans de grandes entreprises de design automobile. Aujourd’hui, mes spécialités sont la conception et la fabrication mécanique.

 

 

Pourquoi ce domaine en particulier ?

Quand on a côtoyé les plus grands dans ce métier, et à voir tous les produits qui passent entre nos mains, je peux vous dire que j’ai très vite oublié ma formation de base. Je suis devenu un passionné de modélisation 3D. J’ai la chance, de par mon métier, de visualiser les pièces qui n’existent pas encore, ou qui ne sont pas encore passées en fabrication : par exemple, de nouveaux modèles de voitures, ou encore les nouvelles coques de téléphone, entre autres.

Il y a également la satisfaction de voir les pièces ou les véhicules sur lesquels on a travaillé et que l’on a produits. Elle est impossible à décrire. Ce qui me plaît également, c’est que nous concevons des produits pour améliorer le quotidien des gens et le monde en général.

 

Comment devient-on directeur technique ?

Il y a 17 ans, j’ai démarré ma carrière pour mon ami et collègue Beejeet Ramchurn. Nous avons fait du chemin ensemble, et nous n’avions qu’un but : gagner. Aujourd’hui, cela fait trois ans qu’il nous a quitté. Je continue à me battre pour deux, et je vise toujours à aller de l’avant.

Si, dans le passé, on m’avait dit qu’un jour je serais directeur technique, j’en aurais ri. J’ai travaillé très dur durant de longues années. En 2010, j’ai pris de gros risques pour démarrer une nouvelle aventure, tout en continuant à exercer ce métier qui me passionne. Je ne convoitais pas ce titre, mais je travaillais dur pour répondre aux attentes de mes clients. C’est cette valeur ajoutée qui m’a permis de rester compétitif. Il n’est pas simple de répondre constamment aux attentes de clients qui se trouvent à 10 000 km, sans compter que nous travaillons sur des pièces que nous ne voyons pas physiquement, dans leurs dimensions réelles. C’est ce dur labeur qui paye aujourd’hui.

Si, dans le passé, on m’avait dit qu’un jour je serais directeur technique, j’en aurais ri. J’ai travaillé très dur durant de longues années. En 2010, j’ai pris de gros risques pour démarrer une nouvelle aventure, tout en continuant à exercer ce métier qui me passionne.

 

Peux-tu nous décrire une journée de travail classique ?

En fait, ma journée de travail démarre la veille au soir, car j’ai toujours accès à mes mails, peu importe où je vais. Je connais déjà les demandes des clients, ce qui me permet d’avoir une longueur d’avance sur ce qui m’attend.

Je démarre donc ma journée par une réunion avec l’équipe, en passant en revue les différents projets en cours et à venir. Je poursuis la réunion avec Doris Sullivan, ma collaboratrice et directrice générale de Blue World Technology. Par la suite, nous enchaînons avec diverses réunions et visioconférences avec nos collaborateurs en France. Le décalage horaire est un avantage, puisqu’il nous donne le temps de tout planifier en interne avant de poursuivre avec nos collaborateurs ainsi que les clients.

Ma journée continue avec les projets que je ne peux déléguer. Je dois toujours jongler entre les projets qui me sont confiés et, en même temps, être en contact direct avec les clients sur les différents projets en cours. Je dois également veiller au bon déroulement du travail confié à l’équipe : dans notre métier, nous n’avons pas droit à l’erreur. Aussi, avant que toute l’équipe ne quitte le bureau, je dois m’assurer que toutes les données soient transférées, vérifier les livraisons, les fichiers en cours d’avancement et les comptes rendus sur tous les gros projets.

Comme nous avons l’avantage du décalage horaire qui nous permet d’avancer et de boucler une bonne partie de notre travail le matin, je fais aussi face à un désavantage, celui de rester en contact avec nos collaborateurs et clients jusqu’à fort tard.

 

 

Aujourd’hui, les métiers classiques se digitalisent davantage. C’est le cas dans le milieu de la médecine, de l’architecture, du journalisme… Quel est ton ressenti sur le sujet ?

Ce n’est certainement pas moi qui vais te dire le contraire. J’ai toujours travaillé dans le digital, et je trouve que notre monde en dépend de plus en plus. Les constructeurs, par exemple, réalisent des modèles numériques afin que l’on puisse visualiser le produit avant sa construction ou sa fabrication.

Les architectes réalisent des modèles digitaux de bâtiments afin de pouvoir voir à quoi ces derniers vont ressembler, mais aussi pour simuler leur réaction face au climat ou aux tremblements de terre.

Dans le domaine de l’automobile, tester l’aérodynamisme d’un véhicule au réel coûterait trop cher aux constructeurs. Ils le font donc digitalement, à l’aide de logiciels très sophistiqués. Il y a même des crash tests qui sont réalisés digitalement.

Enfin, on peut parler de la réalité augmentée. Cet outil nous permet de visualiser en temps réel des environnements virtuels, avec une grande précision visuelle. Au final, je pense que le monde digital ne cessera d’évoluer.

J’ai toujours travaillé dans le digital, et je trouve que notre monde en dépend de plus en plus.

 

Comptes-tu évoluer au-delà de ton poste de directeur technique ?

Toute personne souhaiterait évoluer. Mais pour le moment, cela reste un défi pour moi, et je travaille dur pour y arriver.

As-tu un conseil à donner aux jeunes débordant d’imagination, qui peinent toutefois à trouver leur voie ?
Je n’ai pas la prétention d’être un donneur de leçon mais je dirais que toute personne doit avoir des rêves et y croire. Il faut aller jusqu’au bout pour y arriver. Comme on dit toujours : chaque réussite commence par un rêve.

 

Le mot de la fin ?

Il y a un avenir certain dans ce métier, car on n’arrêtera jamais la conception et la fabrication. Aujourd’hui, je suis heureux de voir que notre nom figure chez les plus grands d’Europe. Notre objectif est de pouvoir, un jour, les ramener au pays et faire de Maurice la plaque tournante dans le domaine de la conception 3D.

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