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Solaire, la révolution énergétique de demain à Madagascar

À Madagascar, comme dans une majeure partie de l’Afrique, l’électricité reste une denrée rare. C’est afin de solutionner en partie ce problème que Tsinjolalaina Fetranjara s’est inscrit à l’Africa Energy Generation Prize 2016. Une inscription qui lui permet aujourd’hui de faire partie des 10 finalistes qui intègreront l’Energy Generation Academy.

 

Des piles, du soleil et… un éclair de génie !

À 28 ans FETRANJARA Tsinjolalaina Vahatriniony Justyack compte bien révolutionner les campagnes rurales et zones urbaines de son pays. Ce jeune malgache qui a grandi à Fianarantsoa a obtenu son diplôme d’ingénieur à l’École supérieure polytechnique d’Antsiranana. Dans quelques mois, il rejoindra les bancs de l’Energy Generation Academy.

 

energie solaire

 

Originaire de Sandrandahy, dans la région de Fandriana, province de Fianarantsoa, il connait bien les problématiques de l’absence d’électricité dans les villages malgaches. Il faut dire que dans cette île, seules 15 % des zones urbaines sont électrifiées. Dans les zones rurales, seulement 5 % de la population a accès à l’électricité.

Pour lui, tout est parti d’une idée toute simple. Les Malgaches, grands consommateurs de piles, n’ont pas toujours les moyens d’en acheter et racheter. C’est sans parler des dégâts environnementaux de ces contenants d’énergie, classés dans les déchets dangereux : Madagascar ne dispose pas de centres de traitement spécifiques. Pourquoi alors ne pas utiliser le soleil afin de redonner une nouvelle vie à ces milliers de piles usagées ? Le soleil de toute façon, les Malgaches y font déjà appel depuis bien longtemps pour leurs piles. Il n’est ainsi pas rare de rencontrer des maisons dont les fenêtres, les pas-de-porte, les vérandas, les toits sont couverts de piles de toutes les formes et types !

Issu d’une fratrie de deux enfants, Tsinjolalaina a grandi au gré du rythme de la vie professionnelle de ses parents. Son père, infirmier militaire à la retraite, et sa mère, Greffier en chef du Tribunal de Manakara, ont su insuffler en lui le goût des études d’où son parcours aujourd’hui.

Un chargeur solaire pour redonner vie à nos piles !

Une lampe solaire avec chargeur de piles non rechargeables et rechargeables en même temps, voilà le projet de notre jeune inventeur. À partir d’un module composé de lames solaires avec chargeur de piles, sa machine compte utiliser l’énergie du soleil pour stocker à nouveau de l’énergie dans des piles alcalines. Un projet innovant et porteur d’espoir pour des millions de Malgaches dont les revenus ne leur permettent pas de faire des piles un produit de première nécessité.

Pourquoi des piles non rechargeables ? Tout simplement parce que ces dernières sont plus faciles d’accès vu leur modeste prix. Faciles à trouver, presque tous les commerces en vendent, des plus grosses enseignes aux minuscules échoppes du village le plus reculé de la campagne. Les piles rechargeables elles, restent relativement chères et parfois difficiles à trouver sans parler de la difficulté de les recharger si on ne dispose pas de prises électriques.

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Le prototype de son projet vu de près.

Dans la même démarche, il prône le recyclage de ces piles vouées, à leur fin de vie, à la poubelle ou à traîner ici et là. « C’est un grand pas vers la préservation de notre écosystème » rappelle-t-il dans la vidéo de présentation de son projet !

Dès 2017 en intégrant l’Energy Academy, il pourra développer son projet et lancer sa future entreprise à Madagascar. Tout en espérant derrière que les investisseurs puissent suivre. Nous sommes certains que d’ici là avec son parcours et son génie, c’est tout le bien qu’on lui souhaite !

 

Un an à l’Energy Academy de Lomé

Pour sa première édition, l’Africa Energy Generation Prize 2016 a voulu mettre en avant les Africains. Des candidats de tous horizons ont ainsi été sélectionnés pour cette édition. Ghana, Tchad, Congo Brazzaville ou encore Togo, les candidats sélectionnés comptent bien apporter leur contribution à l’électrification de l’Afrique. Ils sont ainsi 10 au total à avoir franchi la première étape de sélection.

L’Afrique qui, justement, en matière d’électricité, fait figure de bon dernier. Il faut en effet savoir que le continent fait face à un déficit énergétique de grande ampleur. Au total ce sont 650 millions de personnes qui n’ont pas accès à cette énergie. 650 millions sur 1.2 milliard d’habitants, soit à peu près 57 % de la population du continent et un chiffre qui croît en moyenne de 10 millions de personnes par an. En 2050, on comptera plus de 2 milliards d’Africains ; ce qui explique la nécessité de trouver des solutions durables pour l’électrification du continent. L’association Energy Génération adopte ainsi ce postulat pour son concours dont les trois premiers prix devront être bientôt remis à l’issue d’une rude sélection.

En outre, à travers ce concours, l’association veut mettre en avant les possibilités d’entrepreneuriat en Afrique. Avec 38 millions de chômeurs âgés de 18 à 25 ans, l’Afrique affiche le plus fort taux de chômage de la planète parmi les jeunes. L’innovation, la création d’entreprise, doivent être encouragées pour résoudre une partie de ce problème, et cela peut passer par une combinaison astucieuse, entre développement durable et emplois favorisant le développement économique. L’électrification du continent étant une des conditions sine qua non.

8 mois de formation pour les sélectionnés

Pour les 10 finalistes, le concours ne s’arrête pas là. Ils partent en effet rejoindre les bancs de l’Energy Generation Academy. Un centre de formation, le premier du genre en Afrique, où ils pourront bénéficier d’une formation d’excellence dans le développement de sources d’énergie non conventionnelles. Cette école d’un nouveau genre a ainsi pour but de promouvoir l’accès à l’électricité en Afrique. Elle se donne pour mission, l’innovation technologique et l’entrepreneuriat des jeunes.

Durant 8 mois, ils enchaîneront 4 mois de formation accélérée dans le « Premier espace africain de démocratie technologique » à Lomé. Cet espace d’innovation partagée, baptisé « Woelab », a été le premier à développer la première imprimante 3D africaine construite à l’aide de déchets électroniques. C’est là qu’ils pourront réaliser un premier prototype de leur projet respectif.

Par la suite, nous retrouverons Tsinjo Lalaina et ses comparses au sein de la Solektra Solar Academy. Montée par Solektra International, une société leader dans le secteur du solaire, cette entreprise est à l’initiative du projet du chanteur américain Akon avec l’Akon Lighting Africa.

Rendez-vous est donné à la fin de cette formation-accompagnement !

 

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