Incubateurs

Le MIT GSL accompagne les jeunes entrepreneurs à Maurice

L’une des universités les plus prestigieuses du monde, le Massachusetts Institute of Technology ( MIT) collabore actuellement avec Telecom Maurice et offre à quelques jeunes triés sur le volet un programme d’incubation hébergé par le Campus Telecom à Ebène.

 

 

MIT GSL, qu’est-ce que c’est ?

Le programme GSL (Global Startup Labs) rassemble des jeunes à la fibre entrepreneuriale autour de la transformation de leur idée en startup, le tout axé sur le thème des nouvelles technologies. Les élèves bénéficient gratuitement des ressources du MIT qui les accompagne pendant 8 semaines (du 19 juin au 11 août 2017)  à travers toutes les étapes de la création de leur entreprise.

Instructeurs du MIT, entrepreneurs locaux et intervenants accompagnent et encouragent les groupes d’élèves et usent d’outils qui permettront aux participants de bénéficier d’une crédibilité solide et d’un tremplin puissant au lancement de leur start-up. Grâce aux ateliers, cours interactifs, spitchs hebdomadaires et interventions extérieures, ils acquièrent peu à peu les réflexes entrepreneuriaux qui leur serviront bien au delà de cette formation. Ils ont effectué une étude de marché efficace avant de commencer à travailler pendant un mois intensif sur un prototype. Rencontre avec trois groupes de jeunes entrepreneurs qui nous présentent leur projet et leur vision du programme.

3 groupes prometteurs

 

 

La première équipe que nous avons rencontrée est celle de Virtual Coach. Constituée de Damien Mallet, Poonam Curpen, Akasha Rojee, Nigel Rambhujun, et Akshay Tarolah, elle ambitionne de révolutionner la manière dont nous pratiquons le sport : après avoir parlé à différents membres de clubs de gyms, leur groupe constate que beaucoup d’utilisateurs cessent de faire de l’exercice physique à cause d’un manque de temps, de motivation ou de coaching. Ils ont donc pensé une toute nouvelle application qui redonnera une nouvelle motivation et une éducation sportive aux utilisateurs grâce à une technologie d’analyse des mouvements. Les utilisateurs comprendront ainsi plus facilement les exercices et pourront s’entraîner plus efficacement.

 

 

C’est ensuite le groupe de Shameer MC Ramdin, Tabi Okorn-Tabi, Wisdom Odofin, Obi Arinzechukwu et Nurkiny Jaunky qui nous a présenté son projet. Leur objectif est de développer une solution de réalité augmentée pour les étudiants. Ils souhaitent aider les futurs médecins à avoir une meilleure compréhension des molécules complexes et des composants chimiques. Pour cela, ils proposent une application mobile qui transformera les images 2D en contenu 3D et images animées. Après avoir constaté que les étudiants de médecine avaient souvent des difficultés à visualiser les éléments de leurs cours, ils ont décidé d’agir afin de rendre le contenu plus interactif, et de ce fait compréhensible.

 

 

Enfin, Rishi Gujadhurh, Manish Dhaliah, Nayar Joolfoo, Choomanee Runnoo et Arun Teelock nous ont parlé de BIO-SPHERE, une entreprise de gestion et économie d’énergie. Ces derniers proposent une solution innovante aux problèmes de consommation excessive d’énergie dans les grandes institutions comme les hôtels. Un appareil connecté aux composants électriques d’un bâtiment pourra donner en temps réel la consommation d’énergie de ces derniers.

Les apprentissages à mi parcours

Le point commun entre ces groupes ? Grâce à leur fine analyse du marché et leur expérience personnelle, ils peuvent aujourd’hui proposer des solutions digitales novatrices : Manish Dhaliah, souhaitait analyser la consommation excessive d’électricité chez lui, Nurkiny Jaunky, ancienne étudiante de médecine était confrontée aux problèmes d’illustration des molécules complexes et Nigel Rambhujun, passionné de sport a tenté de trouver une solution aux abandons dans ce domaine. Il explique d’ailleurs qu’un point clef du travail d’entrepreneur vise à déterminer « si l’idée de base est  un problème ».

Manish Dhaliah vient appuyer ces propos en expliquant que « les projets sont emprunt de légitimité quand ils viennent aider à solutionner ce problème. »

 

 

Un autre élément que les étudiants ont dû apprendre est l’ouverture d’esprit et la remise en question : « On a l’impression que le projet est super, mais on réalise que cela ne va pas nécessairement marcher. Il faut passer les étapes, savoir changer d’idée, apprendre des échecs. » déclare Akasha Rojee.

Damien Mallet explique : « pendant deux semaines, nous avons changé d’idée tous les jours ».

Les projets n’ont cessé de s’adapter. Le projet d’économie d’énergie par exemple était d’abord destiné aux particuliers avant que l’équipe ne réalise que viser les plus grosses structures serait plus efficace. Etre bousculé de sa zone de confort permet en effet de penser différemment.

La synergie créée par le partage entre étudiants, professeurs et  professionnels entrepreneurs a appris aux étudiants à travailler en équipe. En quatre semaines, leur façon de penser a déjà beaucoup évoluée. Pour, Rishi Gujadhurh c’est l’échange qui permet d’évoluer dans l’entreprenariat. Arun Teelock vient en effet souligner les efforts mis en avant par les mentors pour faire intervenir des acteurs de l’écosystème Mauricien dont l’expérience représente une véritable opportunité.

 

 

Les jeunes entrepreneurs ont également été confrontés à la problématique de profitabilité de leurs projets. Comment développer des solutions dans une optique d’impact social positif en générant des revenus ? Encore une fois, de nombreuses remises en question ont donné lieux à quelques ajustements pour les équipes.

Pour Tabi Okorn-Tabi, d’origine nigérienne, « l’un des apports de la formation à Maurice est de découvrir un écosystème différent, et de s’y adapter. »

Les équipes ont toutes pu constater les avantages et inconvénients qu’il y a à entreprendre à Maurice : Aujourd’hui, le pays est favorable aux jeunes entrepreneurs et il s’agit d’un endroit aux infrastructures – internet, électricité, hôtellerie – développées. En revanche, la population étant limitée, les élèves se posent la question de la profitabilité de leurs projets. Certains envisagent par conséquent d’utiliser Maurice comme un tremplin vers d’autres pays africains.

 

 

La prochaine étape pour les étudiants est de développer un prototype afin d’avoir un feedback des utilisateurs et de s’adapter au mieux à leurs besoins. Pour l’instant les étudiants considèrent que « le manque de sommeil vaut le coût ». Nous leur souhaitons donc bonne chance pour ces quelques semaines qui les séparent de la concrétisation de leur projet.

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