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Comment devenir digital nomad ? Découvrez le parcours de Beatrice Chan

Nous avons rencontré Beatrice Chan, entrepreneuse nomade digitale fondatrice de mademoisellenomad.com. Elle nous explique dans cette interview le choix de son mode de vie, ses avantages et inconvénients.

 

 

Bonjour Béa, quand tu avais la vingtaine, tu as quitté Maurice pour travailler dans des hôtels, à la suite de quoi tu as rapidement fait la transition vers une vie de nomade digitale. Peux-tu nous expliquer ce choix ?

J’aime la nouveauté, que chaque jour il se passe quelque chose qui brise le quotidien. Et j’aime aussi avoir la liberté de travailler à mon propre rythme. En ce sens, les métiers que j’ai exercés dans l’hôtellerie et le tourisme m’ont permis d’avoir un peu des deux. Je voyais différents clients (touristes), et en tant que chargée de relations client et par la suite coordinatrice d’évènements, je pouvais puiser de ma propre créativité.

« Avide de la découverte de nouveaux pays et de voyages, j’étais souvent prises par de nombreuses taches administratives- logement, permis d’emploi, etc…- qui me prenaient beaucoup de temps. »

 

 

L’idée de trouver un moyen d’être ma propre Boss en travaillant de mon ordinateur a commencé à germer en moi. Mon autre passion étant l’écriture, J’ai commencé à écrire un roman en espérant qu’un jour je pourrai vivre en tant qu’écrivaine en travaillant à mon propre compte. Cette activité était également très chronophage, sans être pour autant rémunérée. J’ai donc décidé de commencer à écrire en freelance pour divers clients à partir de sites comme eLance, Freelancer ou oDesk. En parallèle, je mettais de côté mon salaire de l’hôtel pour voyager. Je prenais aussi des cours en ligne sur divers sujets qui m’intéressaient tels le Social Media Marketing, Digital Marketing, Public Relations, Entrepreneurship, et bien d’autres. Quand on a des grands rêves (et qu’on est pas millionnaire), il faut s’y mettre à fond et savoir saisir les opportunités qui se présentent !

Aujourd’hui, un ordinateur et une connections internet te suffisent pour travailler… Peux-tu partager avec nous quels ont été les métiers que tu as pu exercer dans le cadre de ton mode de vie nomade ?

J’ai puisé dans toute l’expertise que j’ai pu acquérir (langues, écriture, digital marketing) afin de travailler en tant que freelance writer, content creator, creative writer, copywriter, traductrice, transcriptionnist, French tutor, et -chose que je n’ aurai jamais cru !- comme professeur de danse latine ! Et si ta vie de freelance ne te suffit pas à payer ton loyer, il est toujours possible de trouver un emploi à temps partiel en présentant ta situation de digital nomad à ton employeur pour qu’il se prépare à ton départ ! « Quels sont tes points forts ? Qu’aimes-tu faire ? Tournes chacune de tes qualités en service que tu peux offrir en échange d’une rémunération ! »

 

 

En 2014, tu crées ton blog Mademoiselle Nomad sur lequel tu partages tes impressions et conseils concernant ton mode de vie nomade. Quels sont les éléments qui t’ont poussée à le créer ?

 

 

Je me suis mise à blogger en 2006, je racontais tout ce qui me passait par la tête afin de ne plus à avoir à écrire des centaines de mails à ma famille et amis lorsque que je vivais à l’étranger. Par la suite, des personnes que je ne connaissais pas ont commencé à me laisser des commentaires sur ce blog. J’étais surprise : mon blog intéressait d’autres personnes que mes proches ! On m’écrivait pour avoir des conseils sur la vie à l’étranger par exemple. Pour répondre à ces demandes j’ai créé le blog professionnel Mademoiselle Nomad en 2014.

L’année dernière, tu deviens digital nomad dans ton pays d’origine en participant à la « Coworking retreat » organisée par DodoWorkPlay à l’Île Maurice. Quel était le but de cette retraite ?

J’avais hâte de redécouvrir mon île tout en me demandant si je pourrai y vivre de nouveau ! J’ai alors découvert cette retraite qui avait pour but d’allier cadre idyllique et travail avec un aspect communautaire : le partage avec d’autres nomades digitaux, entrepreneurs, freelances était l’un des points clefs de DodoWorkPlay et la connexion internet offerte était rapide et de qualité. J’avais également besoin de me retrouver avec des personnes partageant un style de vie similaire au mien… ce qui n’a pas manqué ! La retraite a répondu (et même plus) à mes attentes !

 

 

A quoi ressemblait une journée type pour toi ?

Chaque jour était différent (raison pour laquelle j’aime ma vie nomade). Petit déjeuner sur la varangue avec vue sur la piscine, un peu d’aqua gym et de natation entre pause déj et boulot, partage avec les autres co-workers, sieste et goûter au soleil, yoga, ou encore petite marche aux alentours jusqu’au coucher du soleil et aux discussions avec mes nouveaux amis sous un ciel étoilé… Je reçois beaucoup de joie de ces moments ordinaires du quotidien.

 

« J’étais également ravie de constater que l’Ile Maurice a changé de manière très positive : beaucoup de jeunes se mettent d’ailleurs à l’entreprenariat avec un mode de vie non-conventionnel. »

 

C’est lors de cette retraite que m’est venue l’idée de mon deuxième business en ligne : Brandsalt, une agence de community management sur les réseaux sociaux. Cette activité me permet de pouvoir travailler de n’importe où (au lit, dans le salon, dans le jardin, à Milan ou en Tunisie !).

Dans ton blog, tu prônes la slow life : est ce compatible avec un job sans bureau ? Est-ce facile de mixer découverte et rigueur ?

 

 

Il s’agit justement un style de vie où on apprend à mieux apprécier la vie, pour ce qu’elle est, telle qu’elle est en prenant conscience de nos actes, nos gestes, de l’empreinte qu’on laisse derrière soi. Cela peut également passer par l’adoption d’un mode de vie plus minimaliste où chaque objet a son utilité.

«  La slow life permet de pouvoir augmenter sa productivité tout en évitant le burnout grâce à de simples ‘rituels’ tels que la sieste ou l’importance donnée à des moments privilégiés ( prendre le temps d’une sieste, apprécier pleinement sa tasse de thé…) »

Quelles sont les difficultés auxquelles tu as pu te confronter en adoptant ce mode de vie ?

Dans une ville, ce n’est pas toujours facile de trouver du calme. Mais il a toujours des endroits propices au travail – un jardin, une librairie, un parc, au bord de la rivière. Comme je bouge beaucoup, j’ai également souvent beaucoup à faire (organisation simultanée de mon travail et de mes trajets / visites dans un pays que je ne connais pas par exemple !)

 

 

« Les premiers jours dans un nouveau lieu représente parfois un casse-tête : il est difficile de trouver ses repères »

 

Où acheter une nouvelle Sim, où trouver le médicament dont j’ai besoin, comment dit-on camomille en suisse ou en allemand ? que vais-je manger ici ?(les marques ne sont pas les mêmes, certains aliments sont impossibles à trouver !), comment se faire de nouveaux amis pour briser la solitude, gérer l’internet, etc… Ces petits éléments viennent parfois mettre mes nerfs à l’épreuve, mais allier travail et plaisir est ma réalité, et c’est une réalité que j’assume car telle est la vie que j’ai choisi.

Enfin, quels conseils donnerais-tu à un jeune (ou à un moins jeune !) souhaitant se lancer dans une vie de digital nomad ?

Avant de se lancer, il faut faire ses recherches : Votre motivation vient-elle des photos Instagram figurant des personnes travaillant au bord de la piscine ou sur un yacht ? Ces moments sont possibles mais il faut bien réaliser les difficultés que peuvent représenter ce mode de vie. Mon meilleur conseil serait de ne pas baisser les bras : Ce mode de vie est difficile mais  si l’on tombe, hop, on se relève, on continue de croire à nos rêves…en les ajustant à la réalité !

 

« Il faut savoir se motiver seul, et mettre assez d’argent de côté, il faut aussi avoir une bonne base de clients pour que l’expérience ne soit pas trop stressante… Il est important d’avoir un plan B, un C et un D ! »

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